Des souliers, une frange… et une rentrée en beauté!
À Argenteuil, le Centre de pédiatrie sociale en communauté transforme les préparatifs de la rentrée en une journée de fête, d’entraide et de dignité.
Centre de pédiatrie sociale en communauté d’Argenteuil | Ma rentrée en beauté
Il y a des journées où la solidarité ressemble à une réunion, à un plan d’action ou à une liste de choses à faire. Et puis il y a celles où elle prend la forme d’une paire de souliers neufs, d’un sac à dos bien rempli, d’un massage apaisant ou d’une pierre colorée avec beaucoup de sérieux.
Au Centre de pédiatrie sociale en communauté d’Argenteuil (CPSCA), Ma rentrée en beauté fait partie de ces journées-là. On y entre au milieu des rires, des conversations et des enfants qui circulent d’une activité à l’autre. On en ressort avec l’impression d’avoir vu une communauté entière retrousser ses manches pour qu’aucun enfant ne commence l’année en se sentant différent des autres.
Partir du bon pied, pour vrai
L’intention de l’événement tient dans des gestes très concrets : fournir du matériel scolaire, offrir des chaussures, rafraîchir une coupe de cheveux et créer un moment agréable autour de la rentrée. Des gestes simples en apparence, mais qui peuvent enlever un poids bien réel aux familles.
« Ça fait moins de charge mentale pour tout ce qui est fournitures », explique Sabrina, membre de l’équipe du Centre. Elle ajoute surtout ceci : « Lorsque les enfants arrivent à l’école, il n’y a pas de différence. Ils sont comme les autres. Tout le monde est uni, tout le monde est pareil. »
Voilà peut-être le cœur de Ma rentrée en beauté : ne pas seulement remplir un sac à dos, mais protéger le sentiment d’appartenance. Faire en sorte qu’un enfant puisse franchir la porte de sa classe avec ce qu’il lui faut — et avec l’envie d’y prendre sa place.
Une fête où chaque poste compte
À l’intérieur, les fauteuils de coiffure ne désemplissent pas. Parmi les bénévoles, l’un vient du salon La Suite M, à Lachute, et en est à sa deuxième participation. D’autres découvrent l’événement ou reviennent après plusieurs années. Avant chaque coupe, on prend le temps de démêler doucement les cheveux, d’échanger quelques mots et de mettre les enfants à l’aise. Un rôle discret, mais essentiel.



Un peu plus loin, les enfants peignent des pierres avec l’art-thérapeute Isabelle Lapointe. L’année précédente, ils avaient créé de petites maisons d’oiseaux ensuite accrochées devant le Centre. À une autre table, on choisit un papillon pour le maquillage. À côté, le vernis sèche pendant que les petites mains essaient — avec plus ou moins de patience — de ne toucher à rien.





Le djembé sert à apprendre le rythme qui ouvre We Will Rock You. Il y a aussi du maïs soufflé, des croustilles et les récoltes de l’Agriculture communautaire d’Argenteuil : du blé d’Inde, des concombres, des poivrons des navets et bien plus. Entre deux préparatifs, tout rappelle que la rentrée peut aussi commencer dans le plaisir.




Des partenaires qui donnent ce qu’ils ont de meilleur
Autour de l’équipe du Centre, les bénévoles sont mobilisés pour l’événement : des personnes venues d’organismes et d’entreprises, ainsi que des citoyens qui ont choisi d’être présents. Hop! La rentrée fournit le matériel scolaire — sacs à dos, crayons et autres essentiels — tandis que la Fondation Jérémie Paradis apporte les chaussures. Cette année, ce sont 86 paires de chaussures qui étaient destinées aux enfants.
Pour les familles, ces souliers représentent un coup de pouce concret et une façon toute simple de commencer l’année du bon pied.
La Fondation de la massothérapie est elle aussi présente. Sylvie Bédard offre des massages aux enfants du Centre depuis deux ans et intervient également auprès de femmes du Carrefour des femmes et de La Citadelle, ainsi que dans plusieurs CHSLD. Sa mission se résume en deux mots qui trouvent toute leur place ici : soulagement et bien-être.
À ces deux fondations s’ajoutent le Centre immigration en région, la Maison de la famille, la CDSA, l’Agriculture communautaire d’Argenteuil et d’autres collaborateurs qui transportent, servent, installent, accueillent ou donnent simplement quelques heures. Pris séparément, chacun accomplit une tâche. Ensemble, ils créent une rentrée.







Bien plus qu’une journée de rentrée
Au détour d’une conversation, une mère raconte qu’elle fréquente le Centre avec sa famille depuis six ans. Elle parle d’un accompagnement qui ne s’arrête pas à la porte : à l’école, avec les professionnels, dans la recherche de services, jusque dans la maison. Puis elle lâche une phrase qui suspend un instant l’agitation autour d’elle : « Ils nous ont sauvé la vie. »
Ces mots rappellent que Ma rentrée en beauté n’est pas une activité isolée. Elle s’inscrit dans une relation qui se construit au fil des années, au rythme des besoins des enfants et des familles. Le temps d’une journée, cette relation devient visible : elle se reconnaît dans les retrouvailles, la confiance, les bénévoles qui reviennent et les enfants qui connaissent déjà le chemin.
« Ils nous accompagnent à l’école, avec les professionnels, même à la maison. Ils nous accompagnent dans tout. »
— Une mère présente à l’événement
Une rentrée qui ressemble à tout le monde
Bien sûr, il y a les chiffres : 52 coupes de cheveux, 16 massages, du matériel correspondant à 154 listes scolaires — sans compter celui qui sera offert dans les prochains jours —, 86 paires de chaussures et 26 bénévoles mobilisés. Ils donnent la mesure de l’organisation. Mais ils ne disent pas tout.
Ils ne racontent pas les petites mains qui essaient de garder le vernis intact. Ils ne montrent pas la patience des bénévoles qui accueillent chaque famille. Ils ne font pas entendre le rythme de We Will Rock You, ni la fierté d’une roche peinte que l’on trouve « vraiment très, très belle ».
Ce sont pourtant ces petits moments qui donnent à l’événement toute sa force. À Ma rentrée en beauté, on distribue des fournitures, des souliers et des collations. Mais on partage aussi autre chose : du temps, de l’attention et la conviction que chaque enfant mérite de commencer l’année avec confiance.
Et quand les enfants repartent avec un sac prêt, des souliers aux pieds et les souvenirs d’une journée où toute la communauté s’est mobilisée, la rentrée n’a plus tout à fait l’air d’une dépense ou d’une source d’inquiétude. Elle ressemble à ce qu’elle devrait toujours être : une nouvelle aventure.