Histoires d’engagement
Deux Visages de dévouement : Mélinna et Caroline
Qui sont les personnes derrière nos projets et nos actions ?
Dans cette chronique, place à Mélinna et Caroline, deux intervenantes passionnées qui, chacune à leur façon, font vivre l’engagement social au quotidien au sein de l’organisme Fleur de mai.
À travers leurs paroles, découvrez ce qui les inspire, les motive et les guide dans leur mission auprès de la communauté.
Qu’est-ce qui vous motive ou inspire chaque jour dans votre rôle auprès de la communauté ?
Mélinna
Ce qui me motive ou m’inspire en premier lieu, c’est d’avoir le sentiment profond de contribuer positivement à la vie de certaines personnes vivant dans Argenteuil.
Avoir la chance d’exercer une influence, aussi modeste soit-elle, et participer à des changements concrets, un petit pas à la fois, donne un véritable sens à mon engagement. J’apprécie particulièrement l’opportunité d’être un acteur de changement, d’utiliser ma voix pour représenter et défendre les intérêts de ma clientèle vulnérable, notamment les personnes en situation d’itinérance.
C’est un privilège que de pouvoir porter leur réalité, faire entendre leurs besoins, et œuvrer à la construction d’un environnement plus juste et inclusif.
Caroline
Chaque jour me révèle quelque chose de nouveau. La plus grande source d’inspiration pour moi, c’est le regard des gens, et ce soupir de réconfort qu’ils laissent échapper lorsqu’ils se sentent enfin entendus.
Mon rôle d’intervenante, ce n’est pas de tout arranger. Ce n’est pas de trouver la solution parfaite. C’est d’abord de dire à l’autre, avec toute mon écoute : « Je te vois, j’entends tes besoins et je suis là pour t’aider». C’est ça, le vrai sens de mon travail : tendre la main sans jugement pour permettre à chacun de trouver son propre chemin et de rendre sa vie plus facile, un pas à la fois.
Je dis toujours à mes participants : « Un jour à la fois, ton vécu est un bagage et non un fardeau que tu dois trainer. »
Pouvez-vous partager un moment marquant ou une histoire qui vous a particulièrement touchée dans votre travail?
Mélinna
Chaque histoire, chaque parcours me touche profondément, tant ils sont uniques et singuliers. On oublie trop souvent que derrière les visages de ces personnes vulnérables que l’on croise, parfois jugées trop rapidement, se cachent un vécu, une histoire, mais surtout un être humain, avec ses forces et ses fragilités, ses valeurs et ses émotions.
Ce qui me touche particulièrement, c’est de constater la richesse de notre communauté à Argenteuil : une collectivité encore soudée, animée par le désir de travailler ensemble pour le bien de sa population. Ici, les gens ont véritablement le cœur sur la main et la volonté de faire évoluer les choses.
Dans mon travail, chaque sourire, chaque remerciement est une source d’émotion et de motivation. Revoir un participant franchir la porte de mon bureau après des mois d’absence me rappelle que ma présence n’est pas vaine, que ces personnes savent qu’elles ont un lieu où revenir lorsque ça ne va pas, et que les liens significatifs créés sont bien réels.
Et puis, il y a ces moments inestimables : croiser un participant qui vivait dans la rue il y a un an et qui, aujourd’hui, me confie avec fierté qu’il a réussi à garder son logement et qu’il va bien. Ces victoires humaines, grandes ou petites, ont pour moi autant de valeur que ma rémunération, sinon plus.
Caroline
Ce n’est pas une seule histoire qui m’a touché, mais le moment où quelqu’un s’excuse de me « déranger » avec ses difficultés. Ça me fait mal au cœur que les gens pensent être un fardeau.
Dès le premier contact, je m’efforce de créer un environnement de confiance et de sécurité. Ils ont avant tout besoin d’être entendus, écoutés et compris.
Rien n’est plus satisfaisant dans notre métier que d’entendre ce soupir de réconfort. Un soulagement qui dit : « Je peux te déposer ça une seconde, et je me sens assez en confiance pour me confier. » Je veux que les gens se sentent bien, qu’ils se sentent en sécurité. Qu’ils se sentent assez en confiance pour se dire que rien n’est trop gros ou trop petit pour qu’on en discute.
C’est à ce moment-là que je me dis que je peux faire une différence. C’est le moment où je prends leur problème en main et où je leur dis : « Je suis là pour toi. Je peux faire quelque chose pour toi. »
Quel est votre rêve à long terme ou à court terme dans vos fonctions? Ou comment la communauté peut vous aider à accomplir votre travail?
Mélinna
Mon plus grand rêve, c’est que chacun prenne le temps de regarder au-delà des apparences.
Que l’on comprenne que derrière chaque personne en situation d’extrême pauvreté ou d’itinérance, il y a une histoire, un vécu, une dignité.
Et si, au lieu de juger, on se demandait : qu’a traversé cette personne pour en arriver là ?
Est-elle nécessairement « mauvaise » ? Sont-ils tous pareils ? La réponse est non. Chaque parcours est unique, chaque être humain mérite considération.
Je rêve d’une communauté qui porte un regard nouveau, empreint d’humanité et de respect, sur l’itinérance.
Et je souhaite, à travers mon travail, continuer à bâtir des services plus solides, à tendre la main à toujours plus de personnes, et à rappeler que l’espoir existe, même dans les chemins les plus difficiles.
Caroline
Comme tout le monde, je caresse l’espoir que chaque personne puisse vivre et s’épanouir pleinement. Je sais, il faut parfois garder les pieds sur terre, mais au fond de moi, j’ai toujours été une grande rêveuse.
Je vois notre réseau d’organismes comme une immense pieuvre. Chaque tentacule représente une forme d’aide différente, et au centre, la tête est le cœur qui les connecte toutes. C’est ce lien qui permet à chaque partie de s’unir pour un objectif commun.
Si nous nous tenons tous la main, si nous unissons nos forces, nous pouvons aider un maximum de personnes à se relever. Si nous offrons à chacun la vie qu’il mérite, que pourrions-nous accomplir de plus grand?