Ici, la porte est ouverte
Il suffit parfois d’ouvrir une porte un peu plus grande pour changer ce qui peut se passer derrière.
À l’Office Régional d’habitation d’Argenteuil, les activités ne sont pas nouvelles. Au fil du temps, des résidents se sont retrouvés pour cuisiner, jouer aux échecs, participer à des sorties, assister à des conférences ou simplement partager un moment avec d’autres. Mais dans l’équipe, une idée a tranquillement fait son chemin : et si on ouvrait maintenant la porte à toute la population?
Marie-Eve, Guylaine et Myriam en parlent avec un enthousiasme qui laisse deviner que les idées ne manquent pas dans leurs bureaux. Toutes les trois travaillent dans l’intervention, chacune avec son histoire, son expérience et sa façon bien à elle d’entrer en relation avec les gens.
Aujourd’hui, elles veulent faire entrer un peu plus de monde.
Les activités et les ateliers s’ouvrent maintenant plus largement. Les résidents restent au cœur de ces rendez-vous, tandis que toute la population est invitée à se joindre à eux. Une façon de multiplier les occasions de se rencontrer, d’apprendre et, parfois, de trouver une oreille attentive ou une ressource au bon moment. Le tout gratuitement et sans inscription.
Une première occasion de participer se présentera d’ailleurs dès le 30 septembre.
30 septembre
Une rencontre politique ouverte à la population
Les intervenantes sociocommunautaires de L’Office Régional d’habitation d’Argenteuil organisent une activité politique à la salle communautaire du 115, rue Ayers, à Lachute, dans le contexte des élections générales provinciales du Québec.
Les candidats ont été invités à venir rencontrer la population et à répondre aux questions des citoyens. Résidents et citoyens pourront ainsi se retrouver dans un même lieu pour échanger et prendre part à la vie de leur communauté. Le café sera offert gratuitement.
Cette volonté d’aller davantage vers la communauté prend racine dans trois parcours profondément tournés vers l’humain.
Pour Marie-Ève, cette attention portée aux autres ne date pas d’hier. La relation d’aide fait partie de son univers depuis qu’elle est jeune. Ses parents avaient des ressources d’hébergement et elle a elle-même choisi ce chemin professionnel. Éducatrice à la DPJ pendant plusieurs années, elle a également travaillé en santé mentale avant d’arriver à l’Office il y a un peu plus d’un an.
Son quotidien est aujourd’hui différent. Elle s’occupe notamment du Service d’aide à la recherche de logement et accompagne les intervenantes de l’équipe. Après des années très près du terrain, passer à un rôle davantage tourné vers l’accompagnement de celles qui interviennent représentait tout un changement.
Elle avoue d’ailleurs avoir eu une inquiétude en arrivant : passer ses semaines dans un bureau n’était pas vraiment son idée du bonheur. Alors elle a conservé certains dossiers qui lui permettent de rester près des gens.
Lorsqu’elle décrit ce nouveau rôle, une phrase résume peut-être mieux son travail qu’un titre de fonction pourrait le faire :
« C’est un nouveau défi d’accompagner des humains qui aident d’autres humains. »
Chez Guylaine, le chemin vers l’Office passe par un changement de vie beaucoup plus radical.
Pendant 20 ans, elle a travaillé dans le domaine médical, dont 16 à l’Hôpital de Lachute. Puis la pandémie est arrivée. Dans son domaine, elle était aux premières lignes. Les semaines ont parfois atteint 60 à 80 heures. À un certain point, elle a senti qu’elle devait retrouver un équilibre, pour elle-même et pour sa famille.
Elle a choisi de partir.
Après deux décennies dans le même milieu, la décision amenait toutefois une question assez vertigineuse : lorsqu’on a toujours travaillé dans le domaine médical et qu’on ne veut plus y retourner, qu’est-ce qu’on fait?
La réponse lui est apparue en remontant à ce qui l’avait menée vers ce métier au départ.
« Finalement, je me suis rendu compte que ça revient toujours à l’humain. »
Elle a donc changé de milieu, mais pas vraiment de raison d’être.
Dans le communautaire, Guylaine a découvert ce qu’elle décrit presque comme un luxe : avoir du temps. Pouvoir s’asseoir avec quelqu’un, écouter son histoire, poursuivre un accompagnement et voir une personne avancer. Pas le luxe financier, précise-t-elle en riant, mais celui de pouvoir aller au bout de la relation.
Myriam est arrivée plus récemment dans l’équipe, mais son parcours raconte lui aussi cette volonté de comprendre les gens au-delà de la situation dans laquelle ils se trouvent.
Elle a commencé à travailler en santé mentale à 19 ans. Depuis, elle a notamment accompagné des personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, une déficience intellectuelle, des difficultés comportementales ou des situations de violence conjugale. En parallèle de son travail d’intervenante sociocommunautaire, elle poursuit aujourd’hui un baccalauréat en éducation, avec une majeure en éducation des adultes.
Lorsqu’elle parle de sa façon d’intervenir, elle ne s’arrête pourtant pas longtemps à son parcours scolaire. Elle parle plutôt de ce qu’elle a elle-même connu, de périodes où les moyens étaient limités, du retour aux études et de cette conviction que la situation d’une personne aujourd’hui ne dit pas nécessairement ce que sera sa vie demain.
« Je crois qu’on peut partir des fois de rien, puis retourner à l’école. »
Chez elle, cette conviction se traduit dans sa manière d’accompagner : comprendre le parcours de la personne et s’ajuster à ce qu’elle vit.
C’est avec ces trois sensibilités que l’équipe imagine maintenant la suite.
Cuisine collective, échecs, activités créatives, conférences : la programmation peut prendre plusieurs formes. Certains ateliers abordent aussi des réalités plus sensibles, comme la prévention de la fraude ou du suicide, la santé mentale, l’itinérance ou la violence conjugale.
Même derrière les activités les plus simples, il y a souvent une intention. Les échecs font travailler les facultés cognitives. Une activité créative peut solliciter la motricité fine. Une conférence peut faire découvrir une information ou une ressource.
Mais tout n’a pas besoin d’avoir l’air d’une intervention pour avoir un effet.
Parfois, sortir de chez soi, prendre un café et parler avec quelqu’un est déjà beaucoup.
C’est aussi là que l’inclusion prend tout son sens : créer des espaces où résidents et citoyens peuvent se retrouver autour d’une même activité, apprendre les uns des autres et simplement partager un moment.
L’isolement, les difficultés financières, la santé mentale ou la violence ne connaissent pas les limites d’un immeuble. On peut donc pousser la porte parce qu’un atelier nous concerne, parce qu’on accompagne un proche ou simplement parce que le sujet nous intéresse.
Comme le résume l’équipe :
« On ne demandera jamais à la personne pourquoi elle vient ici. »
« On ne demandera jamais à la personne pourquoi elle vient ici. »
La confidentialité et le non-jugement font partie de l’accueil. Lors des activités, les intervenantes sont présentes et disponibles. Elles peuvent écouter, répondre à certaines questions et, lorsqu’une personne a besoin d’un service qu’elles n’offrent pas elles-mêmes, l’orienter vers une ressource du territoire.
C’est peut-être là que cette ouverture prend toute sa valeur : on peut venir pour une activité et repartir avec une rencontre, une information, un contact ou simplement un bon moment.
La population aura justement une prochaine occasion de pousser la porte.
Ce n’est qu’une activité parmi celles que Marie-Ève, Guylaine et Myriam souhaitent encore développer.
Des idées, elles en ont beaucoup. Tellement qu’elles reconnaissent elles-mêmes devoir parfois se retenir : les journées ne comptent que 24 heures, après tout.
Lorsqu’on leur demande ce qu’elles souhaitent pour la suite, leur réponse ramène finalement à l’essentiel : mettre de la vie, rejoindre des personnes et contribuer à une communauté plus inclusive.
Alors peut-être que la meilleure façon de découvrir ce qu’elles sont en train de construire n’est pas de se demander si une activité est « pour nous ».
C’est simplement d’en choisir une qui nous intéresse.
Et de pousser la porte.
Marie-Ève Lévesque
Coordonnatrice des services communautaires et du soutien en logement
Marie-Ève coordonne le Service d’aide à la recherche de logement (SARL) et assure la supervision clinique des intervenantes sociocommunautaires. Elle coordonne également les subventions liées au logement, avec un rôle qui relie l’accompagnement des personnes, le soutien à l’équipe et les services en habitation.
Pour joindre Marie-Ève
Téléphone : 450 562-9260, poste 228
Courriel : marie-eve.levesque@orhargenteuil.ca
Adresse : 317 Bd de l’Aéroparc J8H2T2
Guylaine Gauthier
Intervenante sociocommunautaire
Guylaine accompagne individuellement les résidents et favorise leur participation à la vie communautaire. Elle coordonne également les activités et contribue à différents projets liés notamment à l’itinérance et à l’isolement chez les aînés. Son travail l’amène aussi à accompagner certaines démarches médicales, à faire de la prévention et à orienter les personnes vers les ressources appropriées du territoire.
Pour joindre Guylaine
Téléphone : 450 495-6258, poste 225
Facebook : Guylaine, intervenante ORHA
Courriel : guylaine.gauthier@orhargenteuil.ca
Myriam Berlinguette-Girard
Intervenante sociocommunautaire
Myriam accompagne les locataires dans différentes situations du quotidien, notamment lors de conflits, de périodes de vulnérabilité ou de crise. Son rôle l’amène aussi à créer des liens avec les organismes du milieu, à contribuer au développement communautaire et à animer des activités qui favorisent la participation et les rencontres.
Pour joindre Myriam
Téléphone : 450 495-6251
Facebook et Messenger : Myriam, intervenante sociocommunautaire
Courriel : Myriam.Berlinguette-Girard@orhargenteuil.ca